I remember Flaubert's lament
that language is a broken inadequate thing,
a toddler's tune played on pots and pans,
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Je souhaite y insérer des travaux commentés sur la traduction littéraire ainsi que des problèmes qui m'auraient paru insolubles.




Louis Fabula reyes
   Voici d'ors et déjà quelques traductions réalisées lors de mon séjour à Grenade en 2006-2007-2008.  
Ce sont des traductions de poésies du poète Louis Fabula Reyes qui ont été réalisées en collaboration avec leur auteur.
   Louis ne souhaite plus aujourd'hui voir ses poésies publiées dans le domaine public, mais il m'autorise cependant à produire ici quelques-unes de mes traductions.

   Cette première traduction respecte la forme poétique en sonnet de l'original.  

  Parce qu’en espagnol le sonnet est très classique je tentais d’en faire de même en français. L’alternance rimes masculines et féminines est donc respectée, les césures également. Pour l’effet, le dernier tercet comporte deux phrases au lieu d’une. Les rimes du sonnet original sont ABBA ABBA CCD EED comme le veut la tradition. Pour les besoins de la traduction, j'ai légèrement modifié l'ordre des rimes qui deviennent alors ABBA CBBC DED FFE.

Le Piano

L’enfant a refermé la porte doucement.
Puis, en considérant, obscur et monotone,
Le piano, grave comme une grande personne,
Timide, elle s’assoit face au large instrument.

Elle presse une touche et le son la surprend
Par l’ampleur qu’il a pris dans l’air qui en résonne ;
Un accord suspendu dans le grave l’étonne :
Il semble s’éloigner de la pièce en mourant.

Ne sachant que jouer, elle est embarrassée
Et laisse retomber avec regret sa main :
La tâche pour Maman n’est pas si malaisée.

Des cris, des mots d’enfants, sur le chemin de terre,
Passent sous la fenêtre et vont à la rivière.
En fermant le clavier : « Bon, j’apprendrai demain. »

Fév. 2004


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Supplique du poète *** au Duc de ***

Mon Seigneur, offrez, s’il vous plaît,
L’or qui fera fleurir mes lais,
Même en hiver :

Je n’ai pour simple passion,
Pour unique distraction,
Que le beau vers :

Aucun labeur, nulle entreprise,
Nul autre devoir ne me grise,
Ni ne m’allume :

Je ne suis habile à la faux,
Je n’excelle pas au marteau,
Mais à la plume :

Si mon art ne remplit la panse,
Il apporte sa récompense
Bien autrement :

Soustrayant la faim qui me nuit,
Vous vous prévenez de l’ennui
Et du tourment :

En vertu d’un don pour écrire,
Je vous obtiendrai les soupirs
De vos amantes :

Contre une vulgaire pitance,
Je vous composerai les stances
Les plus brillantes.

Granada, Avril 2004

                                                                                                                                                   retour


L’hallali ;
le dernier rêve.


Les dimanches, naïf ! – sous l’illusion –, je regardais le boutiquier repeindre son échoppe en blanc et en bleu, admiratif. Et son labeur avait une consistance : je le croyais.

Aux aurores de juillet, je contemplais l’esquif du pêcheur, qui, chargé de casiers chaloupait vers le large. L’œuvre humaine avait un sens !

Le paradoxe de l’expérience invite à oublier, à se perdre : je connais tous les travaux. La résignation est cependant monnaie courante – elle s’achète me dit-on ! – mais l’or m’indiffère – que peut-il ?

A seize ans, je me camouflais et me mis en quête. Insensé ! J’ai parcouru mille paysages, m’égarant souvent, fougueux et impatient d’atteindre cette cime d’où, éreinté, je puis m’écrier : Hélas !

L’endroit est très hostile et rien dans le goût n’y diffère. Je m’observe les mains nues, vides, bredouilles. J’ai cru en la très fameuse formule sans pourtant la trouver – tout juste l’entrevoir !

Interdit, j’écoute s’approcher ces voix qui me réclament le Dû, la Dîme, mon Abnégation. Ne saurais-je donc vivre ? Misérable destin que celui de mourir pour la paille et le pain !

            Los Caños de Meca, mai 2003

Louis Fabula Reyes


Voir aussi le blog suivant : Le fabliau moderne

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